Dans le métro...
Au loin, je vois les gens qui observent, tous spectateurs. Je n'ai aucune aide à attendre de leur part
Il est environ 16h30 lorsque je m'apprête à prendre le RER
à la station Saint-Michel en direction de
Châtelet-les-Halles. Arrivé sur le quai, je me place en
tête de train, ce qui a pour effet de m'isoler des autres
voyageurs qui attendent également.
C'est alors qu'arrivent cinq jeunes, largement plus costauds que moi,
qui se dirigent dans ma direction l'air menaçant. L'un vient par
derrière moi avec un objet métallique, qui ressemble
à une grosse agrafeuse, d'où sort une lame, et me menace
me disant :
" Bouge pas, t'es en danger ! "
Je n'ai pas encore réalisé ce qui m'arrive qu'ils
s'emparent de mon sac, de ma carte orange... et que l'un deux regarde
mes baskettes. La confusion commence à naître en moi alors
que je n'oppose aucune résistance, et que j'ai la bouche
fermée.
Au loin, je vois les gens qui observent, tous spectateurs. Je n'ai
aucune aide à attendre de leur part. Mais au-dedans de moi,
jaillit subitement une interrogation :
" Ne suis-je pas chrétien ? Jésus-Christ n'est-il pas
avec moi ? Vais-je me laisser dépouiller sans réagir ? "
Je veux crier " au nom de Jésus ", mais seul un murmure sort de
ma bouche. Aussitôt, je me mets à prier en langues
à haute voix, avec une force dont je suis le premier
étonné. En même temps, je ressens une paix profonde
m'envahir. Je sens mes agresseurs perplexes,
décontenancés, devant les mots qu'ils ne comprennent pas.
Je peux lire sur le visage du plus grand, qui est en fait leur chef,
une panique soudaine. Il semble avoir perdu, en partie, le
contrôle sur lui-même et arrache mes affaires des mains de
ses complices, en criant d'une voix troublée :
" Il faut tout lui rendre ! "
Comme l'un deux refuse d'obéir, il se dirige vers lui et lui
assène un formidable coup de poing qui le fait chanceler ;
interloqué, ce dernier est contraint de me restituer ce qu'il
m'a volé. Je continue à prier en langues mais j'ai du mal
à contenir ma joie : pendant un instant jeme relâche et je
les sens encore prêts à l'attaque. Le diable n'est pas
encore désarmé. Celui qui s'est fait frapper si
violemment profère à mon égard les pires menances.
Je reprends la prière et je les vois alors s'éloigner.
Mon RER arrive juste à ce moment-là. Je loue le Seigneur,
lui demandant néanmoins de bénir ces jeunes gens, jouets
inconscients de l'ennemi. Je savais que Jésus pouvait les
toucher, comme il venait de me prouver qu'il est tout-puissant pour me
protéger.